Avril 2026
Mercredi 1 avril
J’ai chopé la crève depuis quelques jours. Ça me lamine. J’ai l’impression que le temps passe très vite en ce moment et que je subis mes journées. Impression de banalité dans le quotidien. En prenant du recul c’est pas le cas. Et de toute façon, comme le chante Jacques « chaque chose qui se passe ne fait pas un souvenir […]c’est pas comme sur les réseaux […] c’est la vie de tous les jours ».
Je passe à la librairie faire une commande. « Espresso » de C. Sapin-Défour et je demande également « Manifeste pour peindre le ciel en bleu » de Jean-Marc Rochette. Le libraire m’indique qu’il n’est plus disponible. Triste. Faudra tenter de le dégoter en occasion. Mais il me recommande son dernier livre « Le festin des pierres », dans le même genre de « Au cœur de l’hiver » où l’auteur parlait de sa relation à la nature durant la période du Confinement. J’avais beaucoup aimé. Le nouveau livre est en rayon, je le prends sans hésitation. Poursuite de la discussion avec le libraire sur le thème du bivouac et des oiseaux. J’apprécie ce moment.
Je me rends à la pointe de Neiz Vran. J’ai récemment appris qu’elle portait aussi le nom de « l’île aux vaches ». Ce serait référence à la légende locale des naufrageurs.




J’arrive au bout de l’île (qui est une presqu’île). Une aigrette garzette décolle à mon passage. En contournant les gros rochers, quelques pipits maritimes et une autre espèce que je n’arrive pas à reconnaître. Je me pose. Je commence la lecture de « La vie secrète des arbres ». Cohérent avec l’ambiance, nan ?
Je cherche une solution pour publier sur mon site directement depuis mon téléphone. Il me semble que ça marcherait avec le plug-in Jetpack et l’application mobile, mais c’est une usine à gaz et ça me pourrirait le poids de mon site. Il faut que je creuse la solution du plug-in WordPress sur Obsidian. Pour l’instant, je peux publier depuis mon navigateur mobile, mais c’est pas vraiment optimisé.
J’ai un sacré dilemne dans mon organisation de capture et de publication de mes notes. Quand je les consigne dans mon carnet, elles sont brouillonnes, mal formulées, pour aller vite, car j’ai peur de perdre le fil de mes idées. Mon journal de bord se veut le plus authentique possible. Je souhaite qu’il reflète sincèrement mes pensées originales. Comment faire quand la note capturée mérite d’être affinée par soucis de compréhension pour le Moi du futur et pour vous ? Dès lors que je reprends mes notes de carnet pour les publier, j’ai l’impression que le retravail des formulations me fait perdre l’essence même de la capture de pensée, brute et spontanée. C’est un problème que je n’arrive pas encore à résoudre.
Lorsque j’ai cherché des sources d’inspirations pour créer mon propre jardin numérique / site web personnel, je suis tombé sur un tas de sites / blogs super inspirants. Comme celui de David Larlet ou encore celui de Thierry Crouzet que je lis souvent en ce moment. Je me suis d’ailleurs inspiré de son format de notes quotidiennes pour imaginer mon journal de bord. J’aime vraiments ses notes. Alors, j’essaie de comprendre sa méthodologie de publication.
Trouver le bon process de capture des idées n’est pas facile. Le carnet c’est déjà bien. Il y a aussi le dictaphone, j’ai testé avec mon téléphone la semaine dernière. À force, je trouverai ce qui me convient le mieux. En quête de plus de spontanéité, de moins transformation à la publication.
Vendredi 3 avril
Je découvre ce matin le travail photographique de Sabine Weiss. C’est beau.
Avec Emma et notre ami Seb, on sort sur Brest pour la soirée. Relâchement de la tension de la semaine.
Samedi 4 avril
J’achète mes premières chaussures de BTP. Le week-end prochain je vais participer au chantier d’Aurélie et d’Henri qui rénovent depuis quelques années un ancien corps de ferme.
Balade avec Emma aux tourbières de Langazel. Des paysages qui m’évoquent à nouveau la savane. Ça souffle un peu mais il fait bon. Par intermittence, quand on ne discute plus encore et encore des projets à venir, le corps et l’esprit se relâchent. Se rappeler que si l’on vient en nature, c’est aussi pour observer l’extérieur, poser son attention ailleurs que sur nos pensées.

Dimanche 5 avril
Pâques. Des chocolats. De la guitare. L’estimation du cubage de nos meubles en prévision de notre location d’un utilitaire pour le déménagement. Nous allons opter pour un 13m3. Moi qui appréhende que tout ne tiennent pas, malgré nos calculs positifs. Je suis impatient de commencer les cartons pour mieux visualiser dans l’espace ce que représentent nos affaires.
Minestrone et crumble aux pommes pour le diner. Chacun y a mis du sien. Pendant que la soupe mijote, je sors marcher. Il faut cheminer quelques minutes en ville avant d’être dans le vert. Je désespère chaque jour où je ne sors pas élargir mon horizon et ressentir l’air du dehors.
J’ai mis en pause la lecture de La vie secrète des arbres et de L’usage du monde. En ce moment j’ai besoin de ressentir plus de sensations à la première personne. Je commence le dernier Rochette acheté cette semaine. J’adhère.
Lundi 6 avril
J’apprends depuis hier Pink moon de Nick Drake à la guitare. Chouette morceau. Je me suis accordé à l’oreille sur cet accordage alternatif (C G C F G E). Peut-être que ça sonne un peu faux.
Je ressens une sorte de flottement. Cette période d’entre-deux est étrange. J’ai l’impression de perdre prise sur le présent. Comme si je me laissais emporter par les projets qui nous emmènent. Des questions existentielles en tête. Parfois une apathie, qui fluctue au fil des jours.
En ce moment avec Emma on se refait la série The Middle. C’est léger mais ça fait du bien. Je regarde aussi régulièrement un épisode de J’irai dormir chez vous et Passe-moi les jumelles. J’ai beaucoup aimé cet épisode dernièrement. Un personnage touchant par sa vision de la vie et sa manière d’incarner sa passion.
J’éprouve de la satisfaction à voir mon journal commencer à s’étoffer.
Randonnée sur la côte à Kerlouan. Il fait très chaud. Je ne garderai pas longtemps ma veste. Arrivée sur l’Île aux vaches. La mer est basse, je progresse loin sur les rochers du bout de presqu’île. Je fais tomber les vêtements pour une baignade improvisée dans une petite crique. C’est froid mais c’est bon. Dans l’air autour de moi, le parfum des truffes de mer. Le léger mouvement de l’eau qui carresse la peau.





Sieste au soleil pour sécher. Je suis assailli par une multitudes de coléoptères. Une coccinelle se pose à mes pieds. Tiens, ça faisait longtemps.
Au fait, « j’ai glissé chef ! ». Pensées pour mes valeureuses chaussures de marche qui après 4 ans de bons et loyaux services ont rendu l’âme. Et moi qui croyait à tort terminer pieds nus l’ascension du Mont Pelat, alors qu’elles commençaient à se déchirer au départ du trek. C’était en juin 2025… Je peux dire que ça a bien tenu le coup avec le nombre de kilomètres qu’elles ont pris dans la tronche depuis.
Mardi 7 avril
Au travail, discussion avec une cliente élogieuse sur le rayon traiteur. On parle montagne. Je lui partage que l’une des nombreuses raisons qui m’y attire est de trouver un milieu naturel encore un peu préservé. Elle, sage : « Avec le sauvage qui disparaît, c’est aussi quelque chose qui se meurt en nous. On s’adapte comme on peut… »
Mercredi 8 avril
Sieste au soleil sur l’Île aux vaches. Le corps essaie de se lover dans la pierre comme il peut pour épouser ses aspérités. Le pied tatonne pour trouver un replat. Quand on réussit à plonger dans un micro sommeil sur une surface aussi inconfortable mais dans un panorama aussi beau, le réveil est magnifique. Je ne sais plus qui j’ai lu qui disait – mais en beaucoup plus joli – que faire une sieste dans un coin de nature, c’est le meilleur moyen de se confondre au lieu, de si dissoudre, parce qu’au moment bref du réveil où l’on a pas encore repris tout à fait conscience, on a une appréhension pure de son environnement. Une attention élargie.


En ce moment, je fais le tri dans toutes mes photos numériques. Tous les disques durs, cartes mémoires, etc. Il s’agit d’organiser tout ça chronologiquement. C’est un sacré chantier.
Samedi 11 avril
Une journée bien occupée. J’étais sur le chantier d’Aurélie et Henri qui rénovent un ancien manoir et corps de ferme. Le gros du programme du jour consiste à remblayer de gravier le drain de la longère. Mes hôtes aiment transmettre. J’apprends quelques trucs sur le bâti ancien. Chouette rencontre. Samedi prochain, taille de pierre avec Aurélie.



Dimanche 12 avril
Suis crevé. En colère. Difficile à gérer la crise. C’est l’un des symptômes de mon TDA/H : la dysrégulation émotionnelle. Il suffit d’un rien, d’un déclencheur qui peut sembler anodin pour quelqu’un d’autre, pour que tout parte en cacahuète. Là, je me sens par exemple submergé par les choses sur lesquelles j’aurais aimé avancer avant la fin du week-end. Je sais que pour la plupart, il n’y a pas d’urgence fondamentale, mais j’ai du mal à en démordre. D’autres soucis se bousculent en tête. C’est la panique.
Ce qui m’aide à en sortir, c’est le mouvement. Depuis le temps, Emma sait m’y encourager quand elle détecte les signes de crise. On part marcher sur la plage de Keremma. Pause lecture à l’abri du vent. Retour maison, un peu apaisé.


Mercredi 15 avril
L’attrait pour la montagne, c’est aussi pour cultiver la sensation de liberté. Se projeter d’un simple regard sur les cimes à l’horizon. Une journée de merde ? Y’a qu’à lever les yeux, au ciel, selon l’expression.
Justement en parlant de journée pourrie, celle d’hier au travail l’illustre bien. Crise d’angoisse et paralysie d’attention au menu. Vous reprendrez du dessert ? Non, je reprendrai pas du dessert. L’impression de lutter pour survivre. Surcharge sensorielle. Bruits, déplacement des collègues et clients. En plus, je m’étais programmé une journée de production bien remplie. Tentative de cohérence cardiaque respiration consciente, sans succès. J’ai tout de même réussi à sortir deux nouveautés sur la gamme traiteur. Hot-dog vegan, brioche maison, saucisse végétale aux herbes, pickles de concombre à l’aneth et moutarde au curcuma. Burger à l’effiloché de porc sauce barbecue, bun végan maison et même garniture que pour le hot-dog.



Je me sens dépassé par le manque de temps / énergie pour accomplir tous mes projets du moment. Prioriser.
Faut se décharger de quelques trucs avant notre déménagement. Ce matin, don de tous mes magazines culinaires au centre de formation dans lequel j’ai travaillé. Café joyeux avec mes anciens collègues. Au retour, je fais une halte au dépôt-vente pour tenter de me délester d’une collection d’encyclopédies du Larousse de 1960. Pas intéressé, ça ne se vend plus bien. En même temps, à l’ère de l’IA, qui pour s’encombrer avec de tels ouvrages. Pourquoi j’ai ça moi déjà ?


Samedi 18 avril
Nouvelle découverte en pratique aujourd’hui : la taille de pierre. Aurélie, chez qui j’ai réalisé un chantier participatif samedi dernier, m’a invité à l’accompagner pour le rendez-vous mensuel de l’association de tailleurs et tailleuses de pierres « Dason Ar Mein Écho des pierres ». Ça se passe à la Ferme à Raymonde à Guipavas, que j’avais déjà eu l’occasion de visiter. Là, des amateurs mais aussi des professionnels et artistes se rejoignent le temps d’une journée pour taper du marteau ensemble. À peine arrivé, déjà lancé, le temps de saluer tout le monde. Aurélie m’invite à choisir ma pierre parmis un amas de roches diverses. Un peu paumé, je choisis sur ses conseils la pierre de Kersanton. Je n’en avais jamais entendu parler auparavant, mais c’est une pierre locale apparemment très connue. Elle a servi à la construction de nombreux monuments historiques comme le phare de l’Île Vierge à Plouguerneau ou encore la basilique du Folgoët.
En échange d’un petit billet, j’acquiers ma première pierre. Et c’est parti. Je découvre les divers outils : pointerolle, ciseau gradine, gouge et autres. Il parait que la fleur est un bon premier sujet d’étude. Ben ok, vas-y pour ça. Parce que j’avoue que là, posté devant ma pierre avec mon burin, je me sens totalement dépourvu. Il faut projeter sa forme désirée en 3D dans la roche. Je prends note des explications d’Aurélie et de Jo et je me lance.


J’aime beaucoup le ressenti avec la pierre. C’est méditatif. Des coups et des coups et des coups pour creuser, affiner, révéler. Ça prend forme doucement, le temps de l’après-midi.

Il y a encore du travail avant d’obtenir le résultat final. C’est un travail de patience. Fin de journée, j’embarque ma pierre. Faudra que je poursuive le travail dans les Hautes-Alpes, j’ai kiffé !
Dimanche 19 avril

Mardi 21 avril


Mercredi 22 avril
Journée de repos. Guitare, cartons de déménagement, session roller au skatepark. En fait, j’avais prévu d’aller marcher mais j’ai finalement ressenti le besoin de me défouler. Dans le roller, j’aime l’idée de se laisser aller, oser se laisser retomber en arrière sur les rampes, se sentir filer, l’attention pleinement focalisée dans l’exécution des figures.
Vendredi 24 avril
Depuis quelques jours, je plonge dans l’univers sonore de Geese, un jeune groupe de rock déjà bien connu. Ça tourne en boucle dans mes oreilles, j’adore. Je les ai découverts via leur chanteur, Cameron Winter, qui produit des albums en solo. Je kiffe son morceau « Love takes miles ».
Sortie à la mer avec Emma. On s’assoit sur le muret de la dune pour lire. Un moment plus tard, j’abandonne mes chaussures, mes chaussettes… et Emma, pour rejoindre le bord de l’eau. Je profite de ce moment pieds nus sur le sable.



À votre avis, je peux faire modèle pieds ? Paraît que ça gagne bien…
Je remonte la plage pour rejoindre Emma. Me retourne sur mes empreintes de pieds dans la crête de sable. Minute réflexion existentielle.

J’ai commencé à regarder la série médicale The Pitt avec Emma. À cause d’Emma. Qui n’en est pas à son premier visionnage. Toutes les deux minutes, je dis « Question ! » pour lui demander de me préciser les termes techniques ou situations que je ne comprends pas. Au final, un épisode qui ne devait durer « que » 53 minutes en fait 2h quoi. Bé oui, mais j’ai besoin de bien comprendre tout ce qui se trame. Ça devient alors plus un documentaire pour moi. Je détourne les yeux à chaque découpe au scalpel, mais sinon ça va, j’ai pas encore dégueulé une seule fois.
Samedi 25 avril
Réflexion sur l’achat de nouvelles chaussures de randonnée, pour remplacer celles qui ont rendu l’âme et en prévision de notre arrivée à la montagne. J’aimerais trouver des chaussures artisanales, au look traditionnel. Et véganes. Le cuir végan est impressionnant de ressemblance esthétique et fonctionnelle avec le cuir traditionnel. Même si mon alimentation n’est pas végane (à tendance végétalienne), question habillement et cosmétique, c’est vrai que ça me tient à coeur d’opter pour des alternatives quand c’est possible. Peu de succès dans mes recherches sur les sites français. Plus de résultat sur les blogs anglophones. Je tombe sur la manufacture anglaise Altberg. Ça a vraiment l’air pas mal. Pour autant, je me requestionne. C’est un sacré dilemne de choisir entre le véritable cuir et le cuir végan ou autre matériau. Dans le premier cas, ça signifie valoriser l’artisanat traditionnel mais contribuer à l’exploitation animal. Dans le second cas, ça signifie plus d’éthique animal mais avec des matériaux issus de la pétrochimie et de moyens de fabrication loin d’être low-tech. Pas évident de concilier toutes les valeurs. Un joyeux bordel dans la tête. Simplement l’envie de faire un choix de bon sens. Bon bé sinon je marcherai pieds nus, voilà ! À suivre.

Je suis exaspéré par le discours des gens qui dénigrent la jeunesse. Selon eux, les jeunes ne font plus rien de leur vie, ne s’intéressent plus à rien, passent leur temps sur les écrans et les jeux vidéos. J’ai encore entendu ce refrain la semaine dernière.
Ces observations ont une part de vérité mais sont terriblement réductrices. Et pourquoi généraliser, là où beaucoup de jeunes, bien plus que l’on croit, bien plus que l’on voit, se bougent pour être acteur de leur avenir et du nôtre ?
Ce qui me dérange profondément dans ce discours, c’est qu’il fait peser sur les autres une responsabilité presque totale de leur situation. Comme si tout dépendait d’eux seuls.
Or nous vivons – jeunes et moins jeunes – dans un monde de plus en plus complexe, de plus en plus absurde.
Connectés, le savoir à portée de main, nous pouvons nous sentir prêt à tout entreprendre et en même temps être désarçonnés par la multitudes de possibilités qui s’offrent à nous.
À l’ère informationnelle, beaucoup de nos choix sont influencés par le contenu numérique que nous consommons. Peu à peu, il est facile de perdre la vraie connexion, celle avec notre intuition profonde. La quête de sens devient plus prégante.
Alors dans tout ce bordel, c’est juste normal que les jeunes se sentent dépassés, perdus, parfois en souffrance.
J’ai l’impression que ceux qui jugent ainsi la jeunesse – souvent la quarantaine passée – ont du mal à se projeter dans la réalité actuelle. Ils comparent avec leurs propres souvenirs, sans mesurer à quel point le monde a changé.
Après-midi dans les Monts d’Arrée. Je me rens au Roc’h Cléguer, mon spot de coeur. De là, j’ai un magnifique panorama sur le lac de Brennilis et sur les crêtes de la chaîne de monts. Derrière moi, une forêt de sapin. Je kiffe cet endroit pour la vue qu’il offre, pour son énergie mais surtout pour sa confidentialité. La tranquilité, ça n’a pas de prix.
J’y ai passé de nombreuses nuits, à dormir en tente dans les fougères ou à même la roche. Ici, je me sens vraiment bien. J’observe, j’écoute, je ressens. Pas besoin de grand chose.
Je me prépare un café. C’est le petit plaisir supplémentaire de ma courte excursion dans les lieux. Café déjà moulu cette fois-ci. Je mets l’eau à bouillir, la flamme du réchaud tremblote sous l’effet du vent. Eau bouillante. Infusion 4 minutes. Je porte la tasse à mes lèvres et savoure la boisson. J’éprouve de la gratitude pour avoir la chance de déguster ce café qui a poussé à des milliers de kilomètres d’ici. Pour les gens, pour la Terre, pour l’eau.
Je m’accorde une sieste d’une heure. Partie de Tetris avec la pierre pour être confortable. Au réveil, j’écris quelques notes dans mon carnet en suçotant un noyau de datte.












Dimanche 26 avril
Journée chantier chez Henri et Aurélie. Menuiserie le matin avec Henri sur son projet de brise-vue en bois pour les toilettes. Après-midi excavation, autour des fosses de filtration à la coco des eaux usées, pour préparer le coulage d’une dalle béton.


Mercredi 29 avril
Hyperfocus de 4 heures sur l’écoconstruction. Notamment sur la construction en paille porteuse. Je découvre la maison Feuillette en ossature bois et isolée en paille, vieille de plus de 100 ans. C’est fou que ça ne soit pas encore assez développé à l’heure où la préservation de la biodiversité et du climat, la pénurie de ressources et la dépendance aux matériaux rares ou coûteux en fabrication sont des enjeux capitaux.
En cause, une filière pas encore structurée, en terme de logistique mais aussi de formation. Des organismes et réseaux comme le RFCP travaillent a faire évoluer tout ça. Sans compter les formations OPEC qui intègrent toutes (je crois) une certification « Pro-Paille ». J’apprends au fil de mes recherches que seuls « 10% de la paille de blé produite annuellement en France suffirait pour isoler tous les nouveaux bâtiments construits chaque année« . On a la ressource, locale, peu chère, low-tech, c’est pas nouveau… Suffirait juste de se sortir les doigts de l’oignon.
Maintenant que je suis mieux informé sur les TND (troubles neurodéveloppementaux), je remarque que j’ai plus tendance à interpréter les signes de certaines personnes comme potentiellement lié à un trouble. Je deviens parano. En même temps, ça pousse à prendre un peu de recul sur les interactions sociales et sur les maladresses d’autrui. Est-ce seulement de son ressort si cette personne réagit ainsi ?
Dans un article sur « comment raconter son aventure dans un carnet de voyage », je lis ceci « à la manière d’un ethnologue, vous capturer les détails du quotidien« . Je fais le parallèle avec mon journal de bord. C’est exactement ce que j’essaie de pratiquer. Ça me fait penser à ce qu’Anne-Laure Le Cunff préconise dans Tiny experiences. Adopter cette même posture d’ethnologue de notre propre vie, en consignant dans un carnet, avec une attention particulière, nos réflexions, nos désirs et humeurs au fil des jours. Ceci pour mieux comprendre nos aspirations profondes. Dans l’idée du « Connect the dots » de Steve Jobs.
Jeudi 30 avril
Au réveil ce matin, j’ai besoin de grandes bouffées d’air. La nuit a été courte. Salutations au soleil sur le tapis de yoga. Puis, baskets aux pieds, je sors. Direction le parc voisin. Je traverse le couvert des arbres et le repaire des corbeaux en priant pour ne pas me faire chier dessus. Plic ! Ploc ! autour de moi. Assis sur le seul banc du spot, j’observe le vol endiablé de quelques pipistrelles. Je ferme les yeux. Une pause matinale avant le tumulte de la journée à venir.
