Juin 2026

Dimanche 7 juin

Je n’ai pas réussi à écrire ces derniers jours. Ce n’était pourtant pas l’envie qui me manquait.

J’avais trop de mal à me canaliser. Je déborde d’envies et de projets. Je me réveille avec enthousiasme et beaucoup de motivation. Mais tout ça se solde généralement en frustration et en épuisement à la fin de la journée.

Cette dernière semaine, beaucoup de tâches liées à l’installation. Puis des recherches diverses sur lesquelles j’ai passé beaucoup (trop) de temps :

  • Trouver des fermes bio dans un rayon de 30 minutes de déplacement autour de la maison. Parce que les Biocoop locales affichent des prix plus importants qu’en Bretagne. Je m’en doutait. Parce qu’il y a très peu de local sur les étals de fruits et légumes. Ça je ne m’en doutait pas. Parce que ces Biocoop n’ont pas le même modèle de gouvernance que celles cotoyées dans le finistère nord. Au mieux, SCOP de 2 magasins à Gap mais les consommateurs ne peuvent pas devenir sociétaires. Finisterra va me manquer.
  • Chercher de l’inspiration pour la fabrication des meubles de la cuisine. Notamment en bois de palette pour réduire le coût. J’ai déjà répertorié et visité un ensemble de spots où récupérer des palettes. Derrières les grandes surfaces, magasins de bricolage, en usines. Je demande à chaque fois et tout se passe bien. Mais pour le moment je n’ai collecté que quelques palettes qui me plaisent. Et les EPAL sont précieuses, puisque normalement consignées. Je prévois aussi de fabriquer un établi en palettes EPAL.
  • Composer enfin une collection d’outils pour le travail du bois. En effet, par ici, il n’y a malheureusement pas d’atelier partagé comme Le Repair où j’allai. Je n’ai donc plus accès à des outils électroportatifs ou des machines stationnaires professionnelles. Je me suis donc documenté et j’ai acheté tout un tas d’outils en essayant de faire des choix raisonnés en matière de consommation, de qualité et de durabilité. Ponceuse excentrique, perceuse visseuse et pour l’instant, avant d’investir dans une scie plongeante et pour un meilleur apprentissage, je me suis procuré une scie japonaise. Reste maintenant à faire les plans des meubles.
  • Confirmer le choix de la « cuisinière composée » dans une structure en bois avec des équipements de cuissons amovibles avec un bon rapport qualité prix.
  • Poursuivre les recherches pour mes prochaines chaussures de randonnées. Quelques essais au Vieux Campeur ce matin. Mais j’aime le look traditionnel. La logisitique complexe pour se procurer des Altberg me fait chercher d’autres modèles. Puis je requestionne le sujet du cuir. L’avantage sur une chaussure de qualité, c’est que ça a a une bonne longévité. Tout ça me fait revoir mes valeurs. Je me sens en conflit interne. Dissonance. Alors oui, je fais mes choix de consommation et de vie en quête de sens et avec le plus de cohérence et d’alignement possible par rapport à ce que je défends, mais ça me bouffe. En énergie, en temps. Et je n’arrive pas à trouver l’équilibre. C’est important, voire viscérale, mais qu’est-ce que ça me bouffe. Parfois, j’aimerais juste faire comme la plupart des gens et choisir facilement lors de l’achat d’un nouvel objet. Mais ça nourrirait encore plus mon éco-anxiété.

Nous avons fait notre première belle randonnée avec Emma vendredi dernier. Le col de la Gardette, qui dévoile à son sommet un panorama grandiose sur des alpages verdoyants s’étendant à perte de vue devant le massif des Écrins. Montée sous une mer de nuages qui cachent les cimes. L’espoir malgré tout d’apercevoir des horizons une fois en haut. Coup de chance !


Ce matin, lire Claire Bluemenfeld et Thierry Crouzet me redonne l’envie d’écrire et de poster sur mon journal numérique et public.


Je me suis acheté un topoguide de randonnées dans le Gapençais. Visorando c’est bien, mais quel plaisir de renouer avec le papier pour choisir mes futurs itinéraires ! Et puis c’est le genre de truc qui se lit facilement et avec joie sur les chiottes.


Passé la frustration liée à mes recherches d’une paire de chaussures de randonnée qui n’aboutissent toujours pas, je me décide à aller marcher en montagne pour ne pas sombrer encore une fois en fin de journée. Je mets un point de colle forte sous la semelle de ma paire abimée. On verra ! Après une bonne heure de marche, je suis assis sur l’un des rochers sous les imposantes aiguilles de Chabrières. Je résiste à l’envie d’y grimper cette fois-ci. Devant moi, un panorama sur le lac de Serre-Ponçon, sur le mont Colombis et sur les montages de l’Ubaye.


Je veux écrire avec plus de rigueur. Chaque jour qui passe sans le faire, je me sens frustré. Poser les idées. Extérioriser le chaos mental.

Et puis plus tard me relire, pour éprouver de la gratitude grâce aux souvenirs, dans un présent où j’ai du mal à le faire, où je broie du noir, où le négatif l’emporte dans mes émotions sur le positif. M’apercevoir en me relisant que ma vie ne manque pas autant de sens que comme je la vis souvent dans le moment présent. Non, ce n’est pas la clé pour lâcher prise et mieux vivre l’instant, mais je me dis que ça peut aider.


Sur le retour de la rando, j’entends des cloches en contrebas. J’ai peur de croiser un patou. Finalement ce n’est qu’un troupeau de vache que je contournerai tout de même, par méfiance. Pas envie de me faire encorner le cul.

Lundi 8 juin

Je me sens très irritable ces derniers jours. Je me surprends même dans certaines situations à perdre calme et maîtrise. La fatigue d’après coup du déménagement ? Celle causée par l’allergie au pollen car le corps demande plus d’énergie pour lutter ? L’impatience liée aux milles projets du moment ?

Mardi 9 juin

Balade au réveil. Direction le parc à flanc de montagne. Je remonte le sentier qui se dessine entre les herbes hautes, chemine dans les sous-bois et longe un torrent impétueux. Je bifurque vers un pré fauché baigné de soleil où le foin embaume l’air en séchant. Plus haut, près d’un bosquet, un renard. Il détale à mon arrivée. Je le suis des yeux remonter la pente. Il s’arrête à mi-course, me scrute, puis reprend sa fuite jusqu’à disparaitre dans les haies. Sur ma gauche, j’entends une sorte de gargouillis étrange. En me rapprochant, je découvre deux écureuils se chamailler sur le tronc d’un peuplier. Ils poursuivent leur jeu dans la canopée, sautant avec agilité et style de branche en branche. Quelques bûches jonchent le sol à l’entrée du pré. J’en dresse une à la verticale et m’assoit. Instant de méditation, au sont du torrent et le visage chauffé par le soleil.



↠ Retourner au journal de bord ↞